Sorin Grindeanu

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Sorin Grindeanu
Sorin Grindeanu en 2015.
Sorin Grindeanu en 2015.
Fonctions
Premier ministre de Roumanie

(5 mois et 25 jours)
Président Klaus Iohannis
Gouvernement Grindeanu
Législature 8e
Coalition PSD-ALDE
Prédécesseur Dacian Cioloș
Successeur Mihai Tudose
Ministre de la Société de l'information

(11 mois)
Premier ministre Victor Ponta
Gouvernement Ponta IV
Prédécesseur Răzvan Cotovelea
Successeur Marius Raul Bostan
Député de Timiș

(3 ans, 6 mois et 8 jours)
Élection
Législature 7e
Groupe politique PSD
Biographie
Nom de naissance Sorin Mihai Grindeanu
Date de naissance (43 ans)
Lieu de naissance Caransebeș (Roumanie)
Nationalité Roumaine
Parti politique PDSR (1996-2001)
PSD (2001-2017)
Diplômé de Université de l'Ouest
Profession Fonctionnaire
Entrepreneur

Sorin Grindeanu
Premiers ministres de Roumanie

Sorin Grindeanu, né le à Caransebeș, est un homme d'État roumain, Premier ministre du au .

Diplômé en informatique de l'université de l'Ouest, il suit une carrière universitaire puis de fonctionnaire, tout en prenant des responsabilités partisanes à partir de la fin des années 1990. Membre du Parti social-démocrate (PSD), il obtient son premier mandat électoral en 2004, comme conseiller municipal de Timișoara, ville dont il devient premier adjoint au maire en . À partir de , il travaille dans le secteur privé.

Élu à la Chambre des députés en , il se voit confier par Victor Ponta, deux ans plus tard, la fonction de ministre de la Société de l'information dans le quatrième et dernier gouvernement de celui-ci. Remplacé au bout de onze mois, Sorin Grindeanu remporte en la présidence du conseil de județ de Timiș.

À la suite des élections parlementaires de décembre 2016, le PSD le propose à la fonction de Premier ministre, après le rejet de la candidature de Sevil Shhaideh et face à l'impossibilité légale du président du parti, Liviu Dragnea, d'accéder à la tête du gouvernement. Cinq mois plus tard, en , Sorin Grindeanu est exclu du PSD et voit son gouvernement renversé par une motion de censure votée par sa propre coalition. Il assure la gestion des affaires courantes jusqu'à l'investiture de son successeur Mihai Tudose.

Biographiemodifier | modifier le code

Jeunessemodifier | modifier le code

Il accomplit ses études secondaires dans sa ville natale entre et . Il s'inscrit alors à l'université de l'Ouest à Timișoara pour y étudier l'informatique.

Il adhère en au Parti de la démocratie sociale de Roumanie (PDSR) d'Ion Iliescu. Il est diplômé l'année suivante, puis se spécialise pendant un an en base de données.

Vie professionnelle et débuts en politiquemodifier | modifier le code

En , il débute sa vie professionnelle et vie politique : il devient parallèlement préparateur à la faculté de philosophie et sociologie de son université, et vice-président de l'Organisation de jeunesse du PDSR (OT-PDSR) du județ de Timiș. Il est promu assistant universitaire en .

Il rejoint le nouveau Parti social-démocrate (PSD), qui fusionne le PDSR et le Parti socialiste démocratique de Roumanie (PSDR), en . Nommé directeur de la Jeunesse et des Sports du conseil de județ en , il est élu le mois d'après vice-président des Jeunesses sociales-démocrates (TSD) du județ.

Ascensionmodifier | modifier le code

Désigné au conseil national des TSD en , il est choisi en comme président des TSD du județ de Timiș. Il quitte son poste administratif en . Cinq mois plus tard, il est élu au conseil municipal de Timișoara.

Il décide de rejoindre le secteur privé en . Il est effectivement recruté à cette époque en tant que directeur général adjoint de la société Delpack Invest SRL. Il devient trois mois plus tard premier vice-président du PSD du județ et président de la section de Timișoara.

Il est nommé directeur de l'entreprise SC Ahm Smartd SRL en . Il y renonce dès le mois de pour occuper la fonction de premier adjoint au maire de Timișoara Gheorghe Ciuhandu.

Députémodifier | modifier le code

Dans la perspective des élections législatives du , il est investi candidat de la coalition Union sociale-libérale (USL) dans la deuxième circonscription électorale du județ de Timiș. Le jour du scrutin, il l'emporte par 58,9 % des suffrages exprimés avec 33,6 % de participation.

Élu à la Chambre des députés, il rejoint le groupe parlementaire du Parti social-démocrate et siège initialement à la commission des Technologies de l'information et de la Communication. Il rejoint dès la commission de la Défense nationale, de l'Ordre public et de la Sécurité nationale.

Ministremodifier | modifier le code

Le , Sorin Grindeanu est nommé à 41 ans ministre de la Société de l'information du quatrième gouvernement du Premier ministre social-démocrate, Victor Ponta. Il est remplacé le par l'indépendant Marius-Raul Bostan, à la suite de formation du cabinet technique de l'indépendant Dacian Cioloș.

Après les élections locales du , il est porté à la présidence du conseil de județ de Timiș grâce à un accord de soutien sans participation avec l'Alliance des libéraux et démocrates (ALDE) et le Parti Mouvement populaire (PMP). Il démissionne en conséquence de la Chambre des députés.

Premier ministremodifier | modifier le code

Article connexe : Gouvernement Grindeanu.

Le remplaçant de Dragneamodifier | modifier le code

Le , deux semaines et demi après les élections parlementaires, il est proposé par le PSD pour le poste de Premier ministre au président Klaus Iohannis. Bénéficiant du soutien de l'ALDE, il est le second choix des sociaux-démocrates après que Iohannis a refusé la candidature de Sevil Shhaideh1. Il indiquait pourtant le sur sa page Facebook n'avoir pas la volonté d'intégrer le gouvernement, s'étant engagé à aller au bout de son mandat de président du conseil de județ2.

Après une courte entrevue, le chef de l'État le désigne deux jours plus tard aux fonctions de Premier ministre. L'annonce est faite via un communiqué de presse et non une déclaration comme c'est l'usage. Sorin Grindeanu bénéficie alors d'un délai de dix jours pour nommer ses ministres et obtenir la confiance du Parlement3.

Le , le président du PSD, Liviu Dragnea, annonce la composition du nouveau gouvernement, qui compte 26 ministres dont huit femmes et quatre représentants de l'ALDE4. Lors du vote de confiance au Parlement le , son gouvernement reçoit l'investiture par 295 voix pour et 133 voix contre, soit 61 suffrages de plus que la majorité constitutionnelle requise5. Quelques heures après le vote de confiance, le gouvernement prête serment devant le chef de l'État. Ce dernier reçoit les ministres très froidement, leur rappelant qu'ils doivent désormais tenir leurs promesses électorales, les appelant à expliquer comment ils tiendront le déficit public tout en diminuant les impôts et augmentant les dépenses, et interpellant directement Liviu Dragnea à propos de son rôle de Premier ministre officieux6.

Polémiques et manifestations sur la corruptionmodifier | modifier le code

Au cours d'une séance du Conseil des ministres le , son gouvernement tente de faire approuver par ordonnance une réforme du Code pénal et une amnistie pour des faits liés à la corruption. L'adoption est empêchée par l'irruption de Iohannis, qui usait pour la première fois d'une telle prérogative constitutionnelle7. En réaction à ce projet, 50 000 personnes manifestent dans les rues de Bucarest et d'autres villes du pays8 et le chef de l'État convoque un référendum sur l'adoption de ces textes7.

Le conseil des ministres du , réuni pour approuver le projet de loi de finances, adopte par surprise une ordonnance qui dépénalise certaines infractions et rend plus difficile certaines condamnations, qui n'était pas inscrite à l'ordre du jour et dont le texte est publié au Journal officiel quelques heures plus tard9. En réaction, 200 000 personnes, dont 100 000 à Bucarest, manifestent pour dénoncer cette décision et appellent à la démission du gouvernement, ce qui constitue la plus forte mobilisation depuis la chute du régime communiste. Ce décret est critiqué par un communiqué commun des ambassades des États-Unis, du Canada, de l’Allemagne, de la France, des Pays-Bas et de la Belgique, une démarche inédite, tandis que Klaus Iohannis évoque « un jour de deuil pour l'État de droit »10.

Le Conseil supérieur de la magistrature annonce qu'il compte saisir la Cour constitutionnelle, estimant que cette ordonnance crée un conflit de pouvoir avec la justice11, et la centrale syndicale Cartel ALFA appelle l'exécutif à abroger le texte12. Le , le ministre pour le Milieu des affaires Florin Jianu annonce sur sa page Facebook qu'il remet sa démission, refusant d'assumer « devant [ses] enfants » le contenu de l'ordonnance13. Le même jour, l'ancienne ministre déléguée au Dialogue social Aurelia Cristea annonce qu'elle renonce à faire partie du PSD qu'elle juge dirigé « par un groupe criminel »14.

Alors que Grindeanu affirme qu'il n'a aucune intention d'abroger l'ordonnance15, le procureur général et l'Avocat du peuple indiquent le leur intention de saisir également la Cour constitutionnelle16,17. Le , Liviu Dragnea indique que des discussions vont avoir lieu entre les partis de la majorité pour envisager une révocation des textes en cause18. À peine quelques heures après cette déclaration et revenant sur ses propres dires, le Premier ministre fait savoir qu'un Conseil des ministres extraordinaire est convoqué pour le lendemain et décidera de renoncer à l'ordonnance d'urgence, indiquant que le ministère de la Justice et le ministre Florin Iordache assumeront la responsabilité de la mauvaise communication et de la confusion sur ce dossier, et que son dernier souhait « est de laisser la Roumanie divisée en deux »19.

Il annonce le suivant un remaniement ministériel qui affecte quatre départements ministériels. Outre le remplacement définitif de Iordache, démissionnaire, ce changement d'équipe voit le retour des anciens ministres Mihai Tudose, qui retrouve le ministère de l'Économie, et Rovana Plumb, ancienne présidente par intérim du PSD20. Ces modifications sont effectives dès le lendemain.

Perte du soutien du PSDmodifier | modifier le code

Officiellement insatisfait de l'application du programme électoral, et officieusement critique de l'action portée par Grindeanu de lutte contre la corruption, Liviu Dragnea annonce le que l'ensemble des ministres a présenté sa démission et que le PSD est « prêt à former un nouveau gouvernement ». Alors qu'il bénéficie du soutien de l'ALDE dans sa démarche, le président du Parti social-démocrate indique être prêt à faire voter une motion de censure si le Premier ministre ne se démet pas de lui-même21.

Bien que la position du principal parti de la majorité ait été adoptée à l'unanimité des 68 membres du comité exécutif et qu'elle soit assortie d'une menace d'exclusion pour tout adhérent qui rejoindrait le gouvernement, Sorin Grindeanu déclare qu'il est prêt à se retirer, à condition que le président roumain accepte n'importe quel candidat issu du PSD pour former le nouveau cabinet et que le président du parti renonce à ces fonctions, car « il a choisi les ministres et se trouve donc comptable des mauvaises performances du gouvernement ». Il ajoute que « ce gouvernement est celui de la Roumanie, pas de l'exécutif du PSD » et qu'il ne comprend pas cette réaction après seulement six mois au pouvoir. Le soir même, des manifestants du début de l'année se réunissent dans un parc de la capitale afin de lui apporter leur soutien22.

Motion de censure et remplacementmodifier | modifier le code

Alors que le Parti social-démocrate et l'ALDE déposent une motion de censure à son encontre le , il est exclu du PSD23. Le , la motion de censure est adoptée par 241 voix pour et dix voix contre. Grindeanu dénonce le risque « d'un retour en arrière, à l'époque d'avant 1989 » et juge « incompréhensible » l'adoption de la motion24.

Le , le ministre de l'Économie, Mihai Tudose, est nommé pour le remplacer25. Celui-ci forme son gouvernement le et lui succède le jour même.

Vie privéemodifier | modifier le code

Il est marié et père d'un enfant.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. (en) Romania Insider, « Romania’s Social Democratic Party makes new Prime Minister proposal », sur romania-insider.com/, (consulté le 30 décembre 2016).
  2. (en) Romania Insider, « Sorin Grindeanu, the man who didn’t want to be minister, may become Romania’s new Prime Minister », sur romania-insider.com/, (consulté le 30 décembre 2016).
  3. (en) Romania Insider, « Romania’s President nominates new Prime Minister », sur romania-insider.com/, (consulté le 30 décembre 2016).
  4. (ro) Cotidianul, « Dragnea a anunțat componența noului guvern », sur cotidianul.ro/, (consulté le 4 janvier 2017).
  5. (ro) Cotidianul, « 295 de voturi pentru şi 133 împotriva lui Sorin », sur cotidianul.ro/, (consulté le 4 janvier 2017).
  6. (en) Romania Insider, « Romania’s President gives cold welcome to new cabinet: You have to fulfill complicated promises », sur romania-insider.com/, (consulté le 8 janvier 2017).
  7. a et b La Libre Belgique, « Roumanie: le Président lance un référendum sur un projet de grâce », sur lalibre.be/, (consulté le 25 janvier 2017).
  8. Courrier international, « Roumanie. Les Roumains dans la rue pour défendre leur justice », sur lalibre.be/, (consulté le 25 janvier 2017).
  9. (en) Romania Insider, « Romania’s Govt. approves changes to the criminal law by emergency ordinance in evening session », sur romania-insider.com/, (consulté le 2 février 2017).
  10. 20 minutes, « En Roumanie, les manifestations les plus importantes depuis la chute du communisme », sur 20minutes.fr/, (consulté le 2 février 2017).
  11. (en) Romania Insider, « Romania’s Superior Council of Magistracy to notify Constitutional Court about conflict with the Govt. », sur romania-insider.com/, (consulté le 2 février 2017).
  12. (en) Romania Insider, « Big Romanian union federation asks Govt. to withdraw emergency ordinance on criminal laws », sur romania-insider.com/, (consulté le 2 février 2017).
  13. (en) Romania Insider, « Romania’s minister for the business environment resigns after Govt.’s controversial justice bill », sur romania-insider.com/, (consulté le 2 février 2017).
  14. (en) Romania Insider, « Initiatior of smoking ban law in Romania resigns from party led by “criminal group” », sur romania-insider.com/, (consulté le 2 février 2017).
  15. (en) Romania Insider, « Romania’s PM: We won’t revoke the ordinance to change the Criminal Codes », sur romania-insider.com/, (consulté le 4 février 2017).
  16. (en) Romania Insider, « Romania’s General Prosecutor to challenge controversial justice bill in court », sur romania-insider.com/, (consulté le 4 février 2017).
  17. (en) Romania Insider, « Romania’s Ombudsman attacks Government’s justice ordinance at the Constitutional Court », sur romania-insider.com/, (consulté le 4 février 2017).
  18. Jean-Baptiste Chastand, « Après cinq jours de manifestations, le gouvernement roumain lâche du lest », sur Le Monde, (consulté le 4 février 2017).
  19. (en) Romania Insider, « Romania’s Government will revoke emergency ordinance on justice », sur romania-insider.com/, (consulté le 4 février 2017).
  20. (en) Romania Insider, « Romania’s PM brings three new ministers in his cabinet, another one changes portfolio », sur romania-insider.com/, (consulté le 26 février 2017).
  21. (es) El Diario, « Socialistas rumanos se rebelan contra su primer ministro y tumban al Gobierno », sur eldiario.es/, (consulté le 15 juin 2017).
  22. (en) Romania Insider, « Romanian Prime Minister defies his party leadership after losing political support: I won’t resign ! », sur romania-insider.com/, (consulté le 15 juin 2017).
  23. La Croix, « Roumanie : la gauche s'apprête à renverser son gouvernement », sur la-croix.com/, (consulté le 15 juin 2017).
  24. Le Figaro, « Roumanie: le gouvernement renversé », sur lefigaro.fr, (consulté le 21 juin 2017).
  25. « Klaus Iohannis a decis desemnarea lui Mihai Tudose pentru funcția de prim-ministru », sur ActiveNews - Știri nefiltrate (consulté le 26 juin 2017)

Voir aussimodifier | modifier le code

Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code